Brigade de Montbenon
et
Groupe des Quatre Vents
Groupe scout de la région lausannoise

100 kils 2016

Publié le samedi 23 juillet 2016 à 15:33 par Merlin dans Activités.

Un petit article rédigé à l’occasion des 100 kils 2016, dans l’optique de le publier peut-être quelque part. Malheureusement, je crois que ça ne s’est pas fait.


 

Chaque week-end de Pentecôte depuis 1981, la Brigade de Montbenon, un groupe scout de la région lausannoise, organise les “cent kils” une marche de 100 « kils-efforts ». « Un kilomètre-effort, c’est une notion un peu virtuelle, qui tente de prendre en compte la montée et la descente dans la marche. À vol d’oiseau, la marche fait plutôt 78 kilomètres, mais « cent kils » c’est plus évocateur. » explique Sebastien Bujard, responsable logistique.

(Suite de l’article après la séparation)

Pour la 36ème édition de cette longue marche, les 14 et 15 mai, direction la France voisine ! Les cinquante marcheuses et marcheurs partent de Chaon (25160) au bord du Lac de Saint-Point. Une fois doté de cartes du parcours et  répartis en groupes de six, ils partent à quelques minutes d’intervalle à destination du Brassus dans la Vallée de Joux, en passant par Mouthe et l’Abbaye. Une façon de mettre à l’épreuve ses connaissances de topographie mais surtout son endurance physique et mentale. « Au-delà du défi, ça fait une expérience scoute à vivre au moins une fois. » dit ainsi Hervé Chevalley, 24 ans.

 

Participent également des scouts de la Brigade de Sauvabelin (Lausanne), de la Grande-Ourse (Bussigny), de la Croisée (Cugy), et du Gros-de-Vaud (Echallens). « Auparavant, on invitait les amis qu’on avait dans les autres groupes, au cas par cas. » dit Lays Farra, autre organisateur. « Mais depuis quelques années on les invite d’office. Cinquante marcheurs ça crée quelques difficultés d’organisation, mais aussi des échanges intéressants et une autre ampleur à l’évènement, presque cantonale. »

 

Tous les 10-15km une voiture de ravitaillement attend les marcheurs pour leur fournir quelques en-cas, de l’eau et, s’ils désirent s’arrêter, pour les rappatrier à l’abri PC de l’Abbaye, où ils pourront se reposer. « La météo n’est pas au rendez-vous, mais les participants sont de bonne humeur et ont un bon rythme ! » remarque Lucien qui tient le premier « ravitos » à Labergement-Sainte-Marie. Malgré la pluie, les scouts repartent avec la même motivation pour Rochejean, puis la Grange Bousson.

 

Et justement, les marcheurs défient les pronostics de l’équipe logistique, installée à l’abri PC de l’Abbaye. « Avec les nouveaux moyens de communication on arrive mieux à suivre les marcheurs, mais même avec l’expérience, chaque année ils sont plus rapides ou plus lents que ce qu’on a prévu. » regrette Sebastien. En cuisine, c’est le coup de feu : on s’active pour livrer à l’heure le riz à la libanaise du souper. « Suivant leur heure d’arrivée, ils mangent soit à Mouthe, soit à la frontière franco-suisse. » expliquent Manon et Lauranne Eddé. Malgré le casse-tête (amplifié par les différents régimes alimentaires des mangeurs) les boilles militaires remplies du repas arrivent à bon port.

 

La nuit tombe sur le Refuge du Poteau, où deux cabanons jumeaux marquent le passage de la France à la Suisse. Les groupes s’y succèdent pour manger et se réconforter d’un thé chaud, avant de descendre dans la vallée pour rejoindre l’Abbaye. Néanmoins, la fatigue se faisant sentir, tous ne poursuivent pas la marche : on comptera ici six abandons. Lays reçoit ainsi un appel : quelques kilomètres plus bas côté français, un marcheur de la Grande Ourse souhaite arrêter. On le ramène au refuge en voiture. L’épais brouillard qui enveloppe alors la forêt ne facilite pas la tâche, mais on repère vite les cinq gilets rétroréfléchissants au bord de la route. « Il reste deux groupes qui n’ont pas encore atteint Mouthe. Ils se sont écartés du chemin et ont perdu pas mal de temps à naviguer les bois du Risoud. » on spécule qu’ils vont abandonner.

 

« Pluie, brouillard, un peu de grêle, il ne nous manque que la neige pour le Grand Chelem » sourit-on. Une bruine glaciale presque neigeuse commence effectivement à tomber. Pour Lucien c’est de devoir négocier ainsi avec les éléments et les aptitudes changeantes des participants qui en font une épreuve pour les organisateurs également. « Beaucoup plus intéressant que de marcher ! » concourt Aylin, copilote invitée, qui découvre les coulisses.

 

Avec 78 « kilomètres-efforts » dans les jambes, l’abri souterrain de l’Abbaye parait bien confortable à nos aventuriers, et beaucoup peinent à en repartir. Les plus courageux visent néanmoins Le Brassus, même si le parcours devient incertain… « Ils devaient passer par le Croton, mais s’il y a autant de brouillard qu’à la frontière, l’orientation sera difficile. » Une voiture envoyée en reconnaissance confirme qu’une légère brume entoure la vieille grange vêtue de tavillons. Sécurité avant tout : on devise un nouveau tracé, plus près du lac. Sur les coups de quatre heures, tout le monde est à l’abri et peut se reposer.

(Merci à Benjamin Meyer, Alexandre Walther et Nathan Ascari pour leurs photos)

Quid du parcours, alors ? « Beau mais difficile » pour Valentin Gardaz du Gros-De-Vaud, qui confie sa difficulté à utiliser pour le début des cartes françaises, et la plupart des marcheurs abondent sur l’ardeur de la marche. « Chaque année on se plaint qu’il y a trop de route, trop de petits sentiers, trop de montée, trop de descente et trop de plat. » ironise-t-on côté organisateur. « Cette fois on partait de France pour changer un peu, nos itinéraires tendant à se répéter. On tente toujours de faire mieux, de prendre en compte toutes les critiques mais ça restera toujours une marche très exigeante physiquement et moralement. » Et en effet sur les 51 jeunes à tenter l’aventure seuls 17 arrivent au bout, décrochant le badge « 100kils ». Et c’est sans doute cette difficulté qui en fait, suivant les mots de Benjamin Meyer de la Brigade de Sauvabelin : “une super expérience qui repousse nos limites physiques et psychiques.” Cette année, il conduit, mais il se rappelle sans peine des quelques fois où il les marcha.

Le dimanche matin, on se réveille lentement, bien amochés. Des regrets ? Pas pour les invités de Bussigny : « Nous n’avons pas réussi à poser les pieds sur la ligne des 100kils cette année mais la Grande Ourse reviendra en force pour la prochaine édition ! » Après une collation en commun, les scouts peuvent regagner leur domicile sous un soleil flamboyant qui arrive un peu trop tard. 

Quant à l’année prochaine, le parcours est encore à définir. Pour l’heure, on espère simplement y voir des scouts aussi motivés, le même défi pour les marcheurs comme pour l’organisation, et si l’on peut espérer, une meilleure météo.

~Merlin

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